Récolte des pommes de terre sur brf

by Kristian on 26 août 2009

Cela fait déjà quelque temps qu’on récolte les pommes de terre plantées ce printemps dans la parcelle BRF. Malgré une analyse de sol très favorable (le taux d’humus est passé de 3 à près de 10% après l’épandage du BRF dans cette parcelle), les rendements ne sont pas au rendez-vous. Nous avons obtenu une culture très propre, qui n’a nécessité que deux sarclages (en plus du buttage). Par contre, selon les variétés, le rendement obtenu n’est que d’une bonne dizaine de tonnes à l’hectare, ce qui est très faible.

En revanche, les pommes de terre récoltées sur cette parcelle sont particulièrement belles, lisses, leur peau est fine et douce, sans aspérité.

Mais tout de même, 10 tonnes à l’hectare! Cependant, le responsable n’est peut-être pas tant que BRF que la compaction; un rapide profil de sol a révélé des couches extrêmement compactes, où la décomposition des résidus est anaérobie; la coloration verdâtre et la puissante odeur de vase se dégageant du sol en témoigne.

Pour m’en assurer, j’ai utilisé le soc avec lequel nous arrachons les petites séries de pommes de terre pour effectuer une décompaction sommaire. A 35-40cm de profondeur, le soc n’a pas résisté et a plié tant le sous-sol était dur et compact.

L’état de ce sol est une surprise totale; cela fait quelque temps que nous avons envie d’arrêter les labours, qui entraînent toujours un phénomène de compaction, mais à ce point… c’est tout de même étonnant, mais cela nous motive dans l’achat prochain d’une machine à bêcher. Après avoir réglé ce problème de compaction par un bon sous-solage. Reste à voir comment nous allons sous-soler d’aussi petites parcelles!

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Asselineau Eléa septembre 1, 2009 à 3:01

Bonjour !
Je suis co auteur d’un ouvrage sur les BRF..
Bravo pour votre blog et votre travail ! Les BRF sont bien présentés :-)
Outre « la semelle de labour », je pense que l’immobilisation de l’azote récurrente la première année quand un sol reçoit des BRF est en grande partie responsable de la baisse de rendements. L’année prochaine l’équilibre sera rétabli et les récoltes plus abondantes !
A bientôt! Avec mes sentiments les plus verdoyants…

Kristian septembre 1, 2009 à 6:51

Merci pour ton intervention Eléa. Nous sommes déjà en seconde année et les rendements restent lamentables…

Asselineau Eléa septembre 2, 2009 à 9:27

Parfois l’immobilisation d’azote dure 2 ans.
Le mieux est de contacter Benoit Noël, il vient de refondre le site Aggra.org. Il a expérimenté les pommes de terre et autres grandes cultures dans votre région, comme vous le savez !
Vous ne cultivez que des pommes de terre avec les BRF ?

Asselineau Eléa septembre 2, 2009 à 9:41

Le sol anaérobie et compact est toutefois certainement la raison de ces petits rendements. Les horizons ne se mélangent pas. A quelle profondeur le sol est compact ?

Kristian septembre 14, 2009 à 10:12

Après la récolte des pommes de terre, j’ai décompacté sommairement le terrain avec un vieux soc à pommes de terre, qui a tout à fait confirmé le compactage anormal que le sol a subi précédemment (sans lien de causalité avec le brf). Les pommes de terre ont, à mon avis, bien plus souffert de ce sous-sol extrêmement dur, que du brf.

Et de fait, je ne t’ai pas répondu tout de suite car après ce traitement, nous avons travaillé le sol avec notre Cultirâteau pour reformer des billons et planter choux-navets (rutabagas), choux-raves et navets.

L’ensemble de ces cultures dérobées se comporte très sainement et la croissance est très homogène sur l’ensemble de la parcelle. La population adventice est de retour, les cultures nécessitent un peu de binage.

Mais surtout, la régularité et la beauté des plants me laisse penser que le calvaire sur cette parcelle se termine. A vérifier l’an prochain lorsqu’elle accueillera les légumes racines.

CHARLE mars 2, 2010 à 8:42

Comment doit on procéder pour planter des patates dans un terrain couvert de BRF, sans enterrer le BRF en question. L’an passé j’avais sur ces parcelles (petites) des oignons et des haricots.
Pour aérer le terrain en profondeur, sans retourner la terre, j’utilise une minipelle avec un godet fait maison: un vieux godet cureur

(large) sur le quel j’ai soudé des dents, 30 cm environ. On soulève la terre sans la retourner, mais le BRF, on ne sais plus trop où il est!

Kristian mars 2, 2010 à 11:30

Ah, voilà une question à laquelle je ne pourrais pas répondre car:

  • Personnellement, j’incorpore le BRF aux 10 premiers centimètres lors de l’épandage;
  • Je n’y mettrais pas de pommes de terre avant au moins 2 ans tant la décomposition de la lignine mobilise tout l’azote disponible. J’attendrais que le BRF soit bien décomposé avant de tenter;
  • Et puis aussi, je suis partisan du vieil adage qui dit qu’ « une pomme de terre bien plantée doit entendre le clocher de l’église sonner« , c’est-à-dire être plantée dans une terre très meuble; de plus, je butte mes pommes de terre…

Mais je sais qu’il existe d’autres techniques, comme les poser à même le sol et les recouvrir de paille, ou les cultiver sous bâche… Mais comme nous n’avons jamais essayé, il m’est bien difficile d’en parler!

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